QUESTIONS D'ECONOMIE DE LA SANTE 2012 Question d'économie de la santé est un mensuel de 8 pages maximum, d'une grande lisibilité, sur l'actualité de la recherche en économie de la santé.
NB : disponible en texte intégral et téléchargeable gratuitement

Le territoire, un outil d’organisation des soins et des politiques de santé ? Évolution de 2003 à 2011
Questions d'économie de la santé Irdes n° 175. Avril 2012
Coldefy M. (Irdes), Lucas-Gabrielli V. (Irdes)
En 2003, lors de l’élaboration des Schémas régionaux d’organisation des soins de troisième génération (Sros 3), le territoire de santé devient le cadre réglementaire de l’organisation des soins, se substituant à la carte sanitaire créée en 1970. Le territoire de santé est pensé comme un élément structurant de l’organisation des soins encadré par des objectifs quantifiés de l’offre de soins et un projet médical de territoire ; il est également un espace de concertation entre acteurs de santé à travers les conférences sanitaires de territoire.
Dans ce nouveau contexte, les régions sont incitées à repenser le territoire et son découpage. D’abord centré sur l’hôpital avec les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), le territoire est ensuite élargi à des activités de santé publique et d’accompagnement médico-social dans le cadre de la loi Hôpital, santé et territoires (HPST) de 2009, avec les Agences régionales de santé (ARS). Comment les régions ont-elles fait évoluer ce maillage ? Un panorama de la territorialisation en santé de 2003 à 2011.

L’Accessibilité potentielle localisée (APL) :
une nouvelle mesure de l’accessibilité aux médecins généralistes libéraux.
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Questions d'économie de la santé Irdes n° 174. Mars 2012
Barlet M. (Drees), Coldefy M. (Irdes), Collin C. (Drees), Lucas-Gabrielli V. (Irdes)
Cette étude propose un indicateur original et enrichi de mesure de l’accessibilité spatiale aux soins, appliqué ici aux médecins généralistes libéraux. Cet indicateur, l’Accessibilité potentielle localisée (APL), tient compte du niveau d’activité des médecins pour mesurer l’offre et du taux de recours différencié par âge des habitants pour mesurer la demande. Il s’agit d’un indicateur local, calculé au niveau de chaque commune mais qui considère également l’offre de médecins et la demande des communes environnantes.
L’indicateur d’Accessibilité potentielle localisée (APL) aux médecins généralistes libéraux présente une plus grande variabilité que les indicateurs d’accessibilité habituellement utilisés (temps d’accès, densité par bassin de vie…). En 2010, l’Accessibilité potentielle localisée (APL) est, en moyenne, de 71 équivalents temps plein (ETP) de médecins généralistes médicaux pour 100 000 habitants en France, mais elle est inférieure à 31 ETP pour 100 000 habitants pour les 5 % d’habitants ayant l’accessibilité la plus faible et supérieure à 111 pour les 5 % d’habitants ayant l’accessibilité la plus élevée.
L’Accessibilité potentielle localisée (APL) aux médecins généralistes libéraux est, en moyenne, plus élevée pour les habitants des communes urbaines. Au sein de ces communes, les habitants des moyens ou petits pôles ont une meilleure accessibilité (81 ETP pour 100 000 habitants) que ceux des grands pôles (75 ETP pour 100 000 habitants). Au sein des communes rurales, les communes rurales isolées ont une accessibilité plus élevée (63 ETP pour 100 000 habitants) que les communes rurales situées en périphérie des pôles (52 ETP pour 100 000 habitants).

Les bénéficiaires de la CMU-C déclarent plus de pathologies
que le reste de la population.
Résultats des enquêtes ESPS 2006-2008.
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Questions d'économie de la santé Irdes n° 173. Février 2012
Allonier C. (Irdes), Boisguérin B. (Drees), Le Fur P. (Irdes)
Les bénéficiaires de la CMU-C, plus jeunes et plus souvent des femmes, se déclarent en moins bonne santé que le reste de la population selon les résultats des Enquêtes santé et protection sociale 2006 et 2008. À âge et sexe équivalents, ils mentionnent plus de pathologies que le reste de la population, jusqu’à deux fois plus pour certaines affections comme la dépression et le diabète. L’exposition aux facteurs de risque comme le tabac et l’obésité est également plus élevée au sein de cette population, 1,6 fois supérieure au reste de la population pour le tabac et 1,7 fois pour l’obésité, en lien avec les affections digestives hautes et maladies cardiovasculaires qu’ils déclarent davantage.
Parmi les principaux motifs de la dernière consultation chez un médecin généraliste ou spécialiste, les maux de dos, la dépression, les problèmes respiratoires, digestifs et hépatiques sont plus fréquemment évoqués par les bénéficiaires de la CMU-C, conformément aux pathologies déclarées. En revanche, alors qu’ils déclarent davantage souffrir de maladies de l’oreille et des dents, ils invoquent moins que les autres ces motifs de recours.

État de santé et recours aux soins des immigrés :
une synthèse des travaux français
Questions d'économie de la santé Irdes n° 172. Janvier 2012
Berchet C., Jusot F.
Cette étude propose une synthèse des travaux français portant sur l’état de santé et le recours aux soins des migrants depuis une trentaine d’années. Malgré la divergence des résultats de la littérature - due notamment à la diversité des indicateurs utilisés et des périodes considérées -, cette synthèse souligne l’existence de disparités entre les populations française et immigrée. De meilleur, l’état de santé des immigrés est devenu moins bon que celui des Français de naissance. Ces différences sont plus marquées chez les immigrés de première génération, les femmes, et varient selon le pays d’origine. Un moindre recours aux soins de ville et à la prévention a également été constaté.
Si des phénomènes de sélection liés à la migration permettent d’expliquer le meilleur état de santé initial des immigrés, leur situation économique fragilisée dans le pays d’accueil ainsi que la détérioration du lien social contribuent notamment à la dégradation de leur état de santé et à leur moindre recours aux soins.
Ce constat appelle la mise en œuvre de politiques de santé publique adaptées visant à améliorer l’état de santé et l’accès aux soins des populations d’origine étrangère, notamment à travers la prévention, le développement d’actions de proximité et de simplification de l’accès à certains droits et dispositifs tels que la Couverture maladie universelle ou l’Aide médicale d’État. |